#2 : Partir en week-end à Center Parc : Ces trucs improbables que l’on fait quand on est parent

Suite de la série sur ces choses inconcevables que l’on peut faire lorsque l’on devient parent !

1 – Être sale 23h/24h (à retrouver ici)

2 – Partir en week-end à Center Parc

Pour bien comprendre comment nous avons pu en arriver là, il est important de revenir sur le moment où nous avons décidé de réserver notre week-end à Center Parc.

Car, oui ; nous avons délibérément choisi cet endroit pour passer un agréable moment en famille. Nous n’y avons pas été contraint, nous n’avons pas cédé à la tentation d’une offre « Votre cottage à moitié prix » proposé par le C.E. ; nous n’avons pas non plus bénéficié d’un week-end offert grâce à la collecte des vignettes sur les boîtes de Vache qui Rit.

Non. Nous avons sciemment été sur le site de Center Parc, choisi un bungalow, cherché une date ; validé puis payé notre commande. Nous n’avons même pas profité d’une quelconque promotion ; nous avons donc payé plein pot ce putain de week-end…

Mais revenons donc sur les heures qui ont précédées la validation de commande, que vous puissiez vous mettre ne serait-ce qu’un instant à notre place… .

C’est un lundi de février. Il fait un temps de merde, vous n’avez pas vu le soleil depuis 3 mois, et de toute évidence, il vous faudra encore tenir 3 autres mois avant de revoir un UV.

Vous venez de passer un week-end enfermé avec vos enfants qui ont décidé de se présenter au prochain concours de l’eurovision, et tentent donc de reprendre « Pour que tu m’aimes encore » au xylophone depuis 2 jours. Votre seule sortie du week-end a été une promenade au centre commercial des 4 Temps à la Défense (il fallait bien que les petits prennent l’air), où vous avez pu croiser les 2 autres millions de parisiens désireux de voir ‘’un peu’’ de monde en évitant la pluie.

La pluie, qui tombe en continu depuis 3 jours, et ne s’est arrêtée que le lundi matin alors que vous veniez de franchir l’entrée de votre bureau.

Ce lundi donc ; vous n’êtes pas dans une forme olympique pour commencer la semaine.

Malgré tout, vous êtes content de retrouver le calme du bureau, et commencez presque à apprécier les ricanements idiots des stagiaires qui s’échangent les derniers potins du service (que vous écoutez discrètement – les stagiaires sont toujours les mieux renseignés -).

Évidemment ce calme est tout relatif et rapidement vous devez partir pour votre première réunion de la journée : « bilan des actions de la semaine passée et plan d’action pour la semaine à venir ».

Cette réunion hebdomadaire ne dure en général qu’un petit quart d’heure, le temps de se rendre compte que rien n’a avancé depuis lundi dernier et que le plan d’action reste le même que celui défini la semaine passée (et celle d’avant, et celle encore d’avant, et celle encore encore d’avant, et… bref.).

Vient ensuite le moment de traiter les mails. 249 mails dont 241 reportings en tout genre; petit score pour un week-end.

Au bout du 67ème reporting, vous n’avez déjà plus vraiment les yeux en face des trous. C’est pourtant le moment que vous choisissez pour passer votre commande pour déjeuner. Vous décidez donc que ce midi, ce sera light, et choisissez la formule « Détox » (l’été approche !). Au menu : salade niçoise sans sauce : des miettes (au sens propre) de thon, 3 feuilles de salade, un radis coupé en 8, 2 haricots vert, 4 grains de riz et une tomate dont on n’a même pas pris la peine d’enlever la queue. En dessert, une « salade » de fruits (5 morceaux de pomme et un grain de raisin) ; et un morceau de pain rassis pour accompagner le repas. Montant de la commande : 16€.

Après ce bon repas et un délicieux « café-machine » pris en compagnie de votre PC ; vous êtes plus que jamais d’attaque pour l’après-midi. A 14h, vous enchaînez donc sur la 2ème réunion de la journée.

Celle-ci promettait déjà d’être plus costaude que la première, puisque le créneau réservé était de 3h…

Elle durera finalement 4h38 (vous savez qu’il était 18h38 exactement puisque c’est vous-même qui, très gênée, avez dû l’interrompre pour aller chercher les petits chez la Nounou qui menaçait par SMS de se faire sauter avec vos enfants si vous n’étiez pas là dans la minute).

4h38 de réunion donc, pour décider de quel département dépendrait la commercialisation des nouveaux services : de la Direction du développement commercial et stratégie ? Ou bien de la Direction des projets commerciaux et plans tactiques ?

4h38, au cours desquelles vous avez du défendre tant bien que mal votre service (la Direction du plan stratégique de développement commercial) ; qui n’était certes pas dans la course à la base mais pour lequel votre chef insistait lourdement pour que le projet lui soit confié.

4h38 donc, de négociations, d’échanges et de débats houleux, de coups de fils à la hiérarchie, de faux accords et faux départs ; pour finalement décider que le plus simple serait de commencer par définir qui pourrait être décisionnaire dans cette guerre des tranchées; et programmer une prochaine réunion afin de répondre à cette question préliminaire.

A l’issue de cette après-midi, vous êtes au bord du burn-out, mais devez tout de même enchainer avec votre seconde journée. Vous reprenez donc votre voiture pour aller chercher votre progéniture, et passez 45 minutes dans les bouchons, en écoutant les dernières infos à la radio pour vous remonter le moral (Attentats, prêtres pédophiles, courbe du chômage, produits cancérigènes, Panama papers, interview de Nabila).

A 19h45, il ne vous restait plus qu’à : faire les courses pour le diner, lancer une machine, donner le bain aux petits, ranger les affaires de toute la famille, préparer à manger, faire le repas des enfants, diner, les mettre en pyjama, négocier le lavage de dents, les mettre au lit.

Ce soir encore, vous n’avez obtenu leur accord qu’en échangeant 3 épisodes de « Trotro » contre 2 minutes de brossage de dents, et c’est donc après 9 épisodes de l’âne trotro, trotro rigolooooo, que vous avez pu les coucher.

Vous connaissez l’âne Trotro n’est-ce pas ? Ce petit dessin animé pour enfants en bas âge, dont chaque épisode ne dure pas plus de 5 minutes, dont 3 minutes 30 de générique ? Ce petit dessin animé dont la chanson reste bien ancré dans votre tête, même plusieurs heures après avoir éteint la TV ? Ce petit dessin animé dont il suffit d’évoquer le nom pour qu’il déclenche immédiatement en vous cette douce mélodie « L’âne Trotro, c’est l’ami qu’il vous faut, Trotro rigolooooo » … ??

Et bien c’est après ces 45 minutes de visionnage forcé de ce petit dessin animé – si inoffensif au premier abord !- que vous vous êtes finalement posé, sur les coups de 22h30, pour enfin vous reposer quelques instants et profiter de votre soirée.

Alors que vous veniez de vous affaler sur le canapé, votre cerveau ramolli vous a à nouveau réclamé la TV. Et, en zappant de Gulli vers M6, vous êtes tombé sur une publicité. LA publicité.

Je peux vous dire qu’après une telle journée, même un Zone Interdite « Campings low cost : drogue, alcool, sexe et délinquance » ; vous donne envie d’y partir en vacances.

Alors, forcément, quand vous avez vu cette immense piscine presque vide, cette forêt luxuriante et si paisible, ces petits lapins galopants à côté d’un grand cerf à quelques mètres du bungalow, et entendu cette douce voix-off –celle d’une fée !- prononcer ces mots qui vous semblèrent si magiques « Ressourcez-vous en famille dans un superbe cottage en Sologne », vous n’avez pas hésité l’espace d’une seconde…

Pensez-donc… des ballades en vélo ! la nature ! l’espace ! le calme …. Et puis, un cottage ! et en Sologne !! … Avec une cheminée, et peut-être même un fauteuil à bascule sur le perron ! …  Vous étiez déjà là-bas.

Jamais publicité ne fût aussi efficace. Il n’aura pas fallu 10 minutes pour que vous vous connectiez au site et finalisiez votre réservation.

Et … voilà. Voilà comment des marketeux sans scrupule auront honteusement exploité votre peu de « temps de cerveau disponible » (sic) du soir, votre fatigue de jeunes parents, et votre envie bien légitime d’une « pause » dans cette vie trépidante mais aussi tellement épuisante.

Voilà donc comment vous en êtes arrivé, avec le consentement du conjoint qui plus est, à partir en week-end dans un mobile-home – pardon, un cottage -; à remplir une cheminée de fausses bûches en carton (vous avez évidemment pris l’option « chalet premium avec cheminée », pensant vous prélasser le soir avec un bon livre devant l’âtre d’une grande cheminée en pierre) pendant que les enfants se roulaient par terre en réclamant leur dessin animé préféré (rappelons que vous êtes au beau milieu de la Sologne, dernier endroit non couvert pas un quelconque réseau Internet en France; et que l’option premium ne comprenait pas l’abonnement à la chaine Youtube de Trotro).

Voilà comment vous avez fini dans une piscine surchauffée de quelques mètres carrés avec les 2 millions de parisiens croisés au 4 temps quelques week-end auparavant.

Voilà comment vous en êtes arrivé à devoir mettre des boules Quies avant d’aller à la piscine, pour supporter les hurlements de centaines de gosses surexcités dans ce qui pourrait ressembler à une immense caisse de résonance (la fameuse « bulle »), à vérifier toutes les 4 secondes que les vôtres ne s’étaient ni noyé ni fait écraser par les 4 tonnes de chair humaine flottants dans le bassin « Hawaï » (à vague, donc).

Voilà. Voilà comment vous avez intentionnellement emmené votre petite famille dans un lieu que vous n’auriez jamais, JAMAIS, pensé à fréquenter en temps normal. Attention, je ne dis pas que c’est infréquentable, il y a des gens qui apprécient ce genre de vacances. Je dis juste que ce n’est pas mon cas, et, je dois l’avouer, que j’ai même un peu honte d’y être allé.

Alors, surtout ; soyez sympa ; ne le dites à personne …

Piscine Chinoise - Chronique Ces trucs improbablbes que l'on fait quand on est parent - Ne Le Dites à Personne

… La suite ici …


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4 commentaires sur « #2 : Partir en week-end à Center Parc : Ces trucs improbables que l’on fait quand on est parent »

  1. 😂😂😂😂😂😂😂😂😂 je n ai pas encore cédé ! J avoue y avoir pensé à un moment …ma soeur « ca serait sympa de s organiser un week end à Center parc avec les enfants et maman …. » Eeeeeuuuh « je sais pas …je crois pas vraiment … » 😱
    Par chance enfin je ne sais pas si c est une chance mais le papa ici déteste les piscines et les gens en règles général 😑 nous sommes des opposés mais les opposés s attire bref… Je crois, je pense et j en suis meme sûre, après lecture de ton article que je n irais jamais là-bas du coup !!! J aime beaucoup ta façon d’écrire … Ca me met de très très très bonne humeur 🎉

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